Ce soir, le STB retrouve le chemin du parquet des Docks Océane. Face au SCABB, les Thomistes lanceront leur saison en Elite 2 à 20 h. Avant cette rencontre, on a interrogé Lauriane Dolt, entraîneure du STB. Son implication dans le recrutement des joueurs, les nouveaux profils arrivés au Havre et les ambitions pour la saison… Lauriane Dolt a répondu à toutes nos questions.
La saison redémarre en Elite 2. On imagine que ça doit être un sacré mélange de sensations. Quel est le sentiment qui prédomine à la veille d’affronter le SCABB ?
On n’est plus du tout dans l’émerveillement comme à la fin de saison dernière. On est compétitifs, on a envie que le championnat reprenne. On a surtout hâte d’en découdre ! Les sensations de l’an dernier sont derrière nous maintenant. Place au jeu ! On veut se confronter à ce niveau-là et pouvoir exister en Elite 2 !
On imagine que vous garderez tout de même en souvenir cette saison ensemble et que ça pourra peut-être vous aider dans les moments difficiles ?
Oui, mais il ne faut pas non plus regarder vers l’arrière. Ce qui s’est passé l’an dernier, c’était l’an dernier ! Comme il y a deux ans, quand on a raté la montée et qu’on me posait la question sur les regrets, je répondais déjà la même chose. Certes, l’expérience nous permet d’engranger des choses positives ou des points à travailler mais il ne faut pas trop vivre sur ce qui s’est passé avant. Si on a gardé cinq joueurs et si les dirigeants ont décidé de continuer l’aventure avec moi, c’est parce qu’on travaille bien. Mais c’est un nouveau groupe, une nouvelle compétition, donc il faut s’en servir mais il ne faut pas que ce soit tout le temps dans nos têtes.
Cet été, il y a eu un mouvement au sein du staff. Vous avez décidé de changer d’adjoint avec le remplacement d’Alexis Banc par Alex Haquet. Dans quels domaines sa promotion va-t-elle le plus vous faciliter le travail ?
Avec Alex, on se connaît très bien, depuis très longtemps ! Il est à la pointe de ce qui se fait ces derniers temps. Il vient de passer son diplôme d’entraîneur pro dans la promotion de Tony Parker. Ils ont rencontré des clubs d’Euroleague et de NBA. Il va nous apporter la rigueur que j’attendais et sa connaissance du basket de haut niveau.
Pour construire votre équipe, vous ne partiez pas dans l’inconnu avec quatre joueurs encore sous contrat. Cela a dû faciliter la mise en place tactique…
Oui, ça a été très facile de transmettre ce que je voulais en attaque et en défense. Les joueurs restants sont garants du projet et sont dans l’échange au sujet de ce que je veux.
Ajare Sanni est un joueur qui tapait dans l’œil de beaucoup d’équipes d’Elite 2 ! On a pris la décision de le prolonger sans hésiter !
S’ajoute à ces quatre joueurs Ajare Sanni qui a prolongé ! La volonté de le prolonger était affichée, le Président nous a parlé d’efforts financiers. C’était une priorité pour vous de le conserver ?
C’est un joueur qui tapait dans l’œil de beaucoup d’équipes d’Elite 2. Quand on a la chance de pouvoir connaître le fonctionnement et le rendement des joueurs, autant essayer de continuer de travailler avec eux pour faciliter aussi l’intégration de ceux qui sont arrivés. Et on a aussi vu qu’il avait pleinement le niveau. On a pris cette décision sans hésiter !
En tant que coach, à quel point êtes-vous impliquée dans le processus de recrutement ? Vous travaillez en binôme tout le temps avec Jean-Manuel Sousa ?
Ca n’a pas changé depuis mon arrivée. On fonctionne toujours de la même manière : tous les deux ensemble. On valide tous les deux les profils !
On va passer justement aux nouvelles têtes pour un peu mieux les connaître et comprendre ce qui vous a poussé à les engager. Dans l’ordre, le club a commencé par annoncer la signature de Yannick Nkombou. Est-ce que ses deux performances face à vous la saison passée ont influé sur son recrutement ?
Non, pas forcément. Dès les matches de préparation l’an dernier, il m’avait déjà tapé dans l’œil quand on a scouté Besançon. Depuis ce moment-là, j’ai dit à Jean-Manuel Sousa qu’il fallait qu’on le suive attentivement toute la saison. C’est ce qu’on a fait !
Ensuite, Maxime Galin est arrivé. Peut-on dire qu’il remplace Momar Ndoye dans un rôle de 3-4 physique ou vous voyez un profil différent en lui ?
Maxime Galin est un pur poste 3. Et je n’ai pas trop envie de le comparer avec Momar car Momar restera Momar… Maxime est un joueur que je connais depuis très longtemps. On a fait une sélection en Equipe de France U18 ensemble même si on n’avait pas pu faire la compétition à l’époque (à cause du Covid). C’est un jeune que je connais depuis sa formation. Son profil m’a toujours intéressé même si on n’a jamais évolué au même niveau jusque-là. Quand on est monté, ça me paraissait naturel de faire appel à lui. Il a de grandes ambitions. On va essayer de l’accompagner au mieux dans cet objectif.
Il y a aussi eu l’arrivée de Jalin Anderson. Est-ce que vous pensez l’associer avec Thibault Desseignet par séquences ou sont-ils là pour se compléter ?
Ils se complètent mais j’aimerais bien les associer parfois. L’idée, c’est de faire les deux ! Chaque match sera complètement différent. Il va y avoir des adversaires plus physiques que techniques… L’idée d’avoir associé Jalin et Thibault, c’est justement pour ça !
Je cherchais depuis longtemps et j’ai enfin trouvé deux pivots exactement comme j’aime les avoir !
Jonah Pierce est un pivot rookie qui vient d’une université assez modeste de NCAA mais qui a des stats impressionnantes. Est-ce que c’était important pour vous d’avoir un pivot aussi à l’aise dans plusieurs domaines, notamment à la passe ?
Je cherchais ça depuis longtemps et j’ai enfin trouvé deux pivots exactement comme j’aime les avoir. Jonah Pierce sait jouer dos au panier, passer, a une vraie vision de jeu mais est aussi un bon rebondeur. Quand on l’a observé, Jonah était exactement dans ce profil-là. Au début, je n’étais pas sereine car plusieurs clubs étaient dessus (des clubs étrangers avaient fait une proposition). Quand il a dit qu’il rejoindrait notre projet, j’étais vraiment contente. C’est un joueur qui a beaucoup d’atouts techniques et il a encore une très belle marge de progression ! Pour les coaches, c’est un profil parfait !
La dernière pièce du puzzle était Brano Djukanovic, premier joueur de l’ex-Yougoslavie au STB depuis longtemps. Son profil shooteur-créateur assure la complémentarité et la possibilité de varier presque à l’infini les 5 sur le terrain. Est-ce la variété possible avec sa présence que vous cherchiez avec ce recrutement ?
J’ai toujours aimé ne pas être lisible trop facilement. J’aime quand on ne se dit pas qu’il y a un 5 de départ et un 5 sur le banc. J’aime cette complémentarité des uns et des autres. Au-delà de l’aspect technique, Brano a une culture basket et un côté un peu vicelard. C’est très important dans le basket de haut niveau !
En parallèle, Grace Matundu a prolongé avant d’être prêté à Lorient. Pourquoi ce choix ? Lui donner le plus de temps de jeu possible pour progresser ?
Oui, avec nos ambitions très élevées, on ne voulait pas avoir 9 joueurs + 1 mais vraiment partir avec 10 joueurs capables de jouer en Elite 2. Grace a montré de très belles choses la saison dernière. Au moment où on a fait appel à lui, il a répondu présent. C’est pour ça qu’on voulait le récompenser ! On sent qu’il a des capacités très intéressantes ! On avait envie de continuer sa formation mais il était trop inexpérimenté pour passer déjà en Elite 2. Il a besoin de compétition avec du temps de jeu et de la pression. Quand on en a parlé avec Lorient, on savait qu’ils pourraient lui apporter cela. C’est très bien car on s’entend bien avec le coach et le club de Lorient. On travaillera ensemble et on aura un vrai suivi de ses prestations.
Le Président nous a dit que vous aviez eu l’équipe que vous souhaitiez, vous confirmez ?
Oui, bien sûr ! J’ai eu l’équipe que je voulais avec le budget qu’on nous a donné !
L’idée de jouer agressif, avec du cœur, l’accent mis sur la défense, tout ça, c’est ancré en moi. C’est ma façon de jouer et c’est le basket que je souhaite proposer !
Allez-vous continuer avec les mêmes principes de jeu cette saison ? Ou avec les recrues, l’équipe aura un autre profil ?
Bien évidemment, en attaque, ce sera la même chose ! En défense, on rentre dans une autre catégorie. L’an dernier, on jouait les premiers rôles avec notre budget. Cette saison, même si on a un budget qui est intéressant, on va plus se retrouver dans le ventre mou que la première partie du championnat. Donc, je ne pourrais pas demander l’impossible.
Mais, l’idée de jouer agressif, avec du cœur, l’accent mis sur la défense, tout ça, c’est ancré en moi. C’est ma façon de jouer et c’est le basket que je souhaite proposer ! Maintenant, on change de catégorie… Et il faut aussi prendre en compte l’évolution du basket d’aujourd’hui… Désormais, il y a des scores très élevés. Ce n’est plus comme il y a quelques années où on pouvait avoir une moyenne de points encaissés autour des 70. Aujourd’hui, ce serait très très ambitieux de tabler là-dessus !
Le maintien est déjà une grosse ambition ! Ces derniers temps, beaucoup d’équipes qui viennent de N1 redescendent très vite !
Est-ce que dans le vestiaire, on ne parle que de maintien ou vous n’hésitez pas à ambitionner un peu plus ?
Le maintien est déjà une grosse ambition ! Ces derniers temps, beaucoup d’équipes qui viennent de N1 redescendent très vite ! On veut faire le travail step-by-step. Dans un premier temps, on se donne le maintien comme objectif. Si on peut l’acquérir le plus vite possible, on pourra voir plus haut ! Mais ce sera plus tard, pour l’instant, on est focus sur l’objectif de gagner un maximum de matches et acquérir le maintien le plus vite possible.
Je ne calcule pas vraiment le nombre de victoires nécessaires. Chaque saison est différente, la moyenne est de 12-13 mais je n’aime pas me fixer de nombre car je veux aller en chercher le plus possible. Faisons en sorte de ne jamais être dans les quatre derniers. L’an dernier, la stratégie de faire match après match a été la bonne. Là, on n’a pas autant d’attentes avec une montée quasi obligatoire… Mais le maintien se fera en conservant la même stratégie ! Travailler, être serein et prendre match après match. Une saison, c’est long ! Il peut se passer énormément de choses… Ce n’est pas parce qu’on commence bien qu’on va bien finir et inversement…
Est-ce que l’existence du play-in donne selon vous plus d’espoir au STB de participer à ces matches couperets ?
Oui, factuellement, c’est deux places de plus ! On va être terre à terre, il y a plus de chances qu’avant.
Donc, il y a tout de même ce petit espoir dans un coin de la tête ?
Oui, mais on arrive dans un championnat qu’on ne connaît pas forcément. On a travaillé tout l’été pour se rapprocher le plus possible du niveau, pour avoir des joueurs compétifs, etc. La réalité commencera ce soir à partir de 20h.
Avec l’arrivée des joueurs, l’anglais s’impose-t-il de plus en plus à l’entraînement ?
Oui, on parle exclusivement anglais. L’an dernier, il n’y avait que Jordan Robertson et Ajare Sanni. Donc sur le terrain et dans les discours, je parlais français. Il n’y avait qu’une traduction à faire. Là, il y a quatre joueurs qui ne comprennent pas le français.
Ça ne change pas trop votre méthode de travail ?
Non, pas du tout ! Même en français, on a déjà un jargon basket qui vient beaucoup de l’anglais…
J’ai envie de dire aux femmes et aux petites filles : “Faites ce dont vous avez envie ! Donnez-vous les moyens de réussir.”
Cette saison, vous serez deux femmes sur les bancs d’Elite 2. Est-ce que la féminisation du métier est importante pour vous ou est-ce anecdotique ?
C’est important pour montrer que tout est possible. J’ai envie de dire aux femmes et aux petites filles : “Faites ce dont vous avez envie ! Donnez-vous les moyens de réussir.”. C’est la première fois que je vais coacher contre une femme (Elise Prodhomme pour la JA Vichy). J’aimerais bien que ça donne des idées à d’autres pour qu’elles n’hésitent pas. Mais, au quotidien, je n’y prête pas du tout attention.
Dès cette première journée, le STB affronte un très gros morceau. Vous préférez commencer directement par un cador ou vous auriez préféré un match contre un concurrent direct ?
On voulait commencer déjà. Surtout que c’est sympa de débuter à domicile même si ça met un peu la pression. Si on veut un maintien, il faut gagner quasiment un match sur deux, donc essayer d’être quasiment invaincus à domicile. Jouer tout de suite un cador, ça ne va pas être une mince affaire mais je préfère jouer ce genre d’équipes en début de saison qu’en pleine saison… Peut-être qu’ils ne sont pas tout à fait rodés… En plus, ils ont eu quelques pépins sur la prépa avec des blessures !
Il y aura zéro pression. Le SCABB a d’énormes ambitions ! Pour le public, il faut quand même se rendre compte qu’il y aura un gros morceau en face. Il y a plusieurs joueurs qui pourraient prétendre à jouer en Betclic Elite facilement… Ils ont un gros roster avec des étrangers référencés.
Votre groupe a confiance ou il y a un peu de crainte avant un match comme ça ?
Non ! Avec mes gars, il n’y a pas de crainte. Le groupe est en confiance après la prépa !
Crédit photo : Cyril Douyère / STB Le Havre





