Dernière place. Aucune victoire. 2 points en 8 journées. Si sur le terrain, il y a quelques motifs d’espoir, le bilan comptable est catastrophique. Mercato, manque de réussite, entraîneur, joueurs : qui est responsable de la situation du HAC ?

Des lacunes criantes à certains postes !

C’est peut-être le problème le plus évident en analysant la situation du HAC. A certains postes, la profondeur d’effectif est faible voire inexistante. On pense notamment au poste d’ailier droit. Un poste où aucun joueur de l’effectif n’a été formé, exception faite du jeune Hakim Dongopandji, qui n’a pas encore signé de contrat pro. Didier Digard est ainsi obligé de bricoler devant, notamment en alignant Sota Nakamura en tant que titulaire. Il est désormais clair après 8 journées que Nakamura négocie bien mieux ses entrées, notamment à gauche, que ses titularisations. Quant à Fofana, il semble plus à l’aise dans l’axe qu’à droite, poste où il a rarement évolué à Lens.

Ce n’est pas le seul poste où il manque de solutions. En attendant le retour de Stephan Zagadou, la profondeur en défense centrale a parfois posé problème en début de saison. Mais c’est surtout sur les côtés de la défense que la faiblesse est criante. Les absences de Jelert et Pembélé ne sont pas étrangères à ce constat. Mais le départ de Zouaoui n’a pas réellement été compensé. Le staff a tenté les options Ndiaye mais aussi Koffi. Ni l’un ni l’autre n’a donné satisfaction en tant que titulaire. Si Ouziad a impressionné en présaison et par la suite, il semble rentrer dans le rang dernièrement. Le HAC a tenté de recruter un latéral gauche cet été. En vain. Le mercato hivernal permettra certainement de corriger ce problème.

Enfin, le poste de gardien pose aussi question. Alors que c’était LE point fort du HAC l’an dernier avec deux gardiens de haut niveau, le staff doit désormais compter sur Gauthier Gallon, arrivé pour être une doublure. Il n’est pas impossible qu’Arnaud Bodart prenne rapidement place dans les cages havraises. Reste à savoir si l’ancien gardien du Standard saura se relever après un passage à Lille compliqué.

Le manque de réussite…

Si les postes de latéraux et de gardien posent autant problème, c’est aussi car le HAC joue de malchance sur le début de saison. Pembélé et Jelert sont absents depuis de nombreuses semaines et cela se ressent. Quant au poste de gardien, le club doyen a connu un enchaînement de mauvaises nouvelles. Après avoir intronisé Lionel Mpasi en tant que titulaire, la direction sportive a laissé logiquement partir Mory Diaw, qui ne souhaitait pas jouer le rôle de doublure. Problème : Lionel Mpasi s’est blessé très gravement dès la 3e journée. L’ancien Ruthénois, out pour quasiment toute la saison, était le gardien le plus décisif de Ligue 1 sur les trois premières journées. Gauthier Gallon, numéro 2 lors de sa signature, a pris le relais avec moins d’efficacité.

Outre ces blessures que la direction ne peut pas planifier à l’avance, le HAC a aussi manqué de réussite dans le jeu. A plusieurs reprises, les Ciel & Marine ont dominé leur adversaire sans l’emporter. Ce fut le cas à Toulouse, à Lille ou même à Lyon. Malgré une heure catastrophique hier à Marseille, les Havrais se sont procurés 3,1xg. Depuis le début du comptage des expected goals, c’est la 2e fois seulement que le HAC atteint ce niveau en Ligue 1. Si on ne peut pas décemment dire que les Hacmen méritaient quelque chose hier, force est de constater qu’ils auraient dû bénéficier d’un pénalty en fin de partie sur une main évidente de Neil Maupay. Un pénalty qui aurait pu leur permettre d’égaliser à 4-4. Ce n’est d’ailleurs pas la première décision arbitrale qui change la fin de partie du HAC. Ce fut aussi le cas à Lyon où Sota Nakamura s’est vu refuser le but de la victoire suite à une main de Maja au départ de l’action. Le HAC devra désormais faire preuve de davantage d’efficacité dans les deux surfaces pour améliorer les résultats.

Didier Digard, responsable ?

Quand une équipe n’a que deux points en huit rencontres, la responsabilité du coach se pose. D’autant que Didier Digard a eu du mal à trouver son schéma tactique sur ce début de saison. Défense à 4 ? Défense à 5 ? Milieu à 4 et attaque à 2 ou 4-3-3 ? La question n’est pas encore tranchée. Hier, le coach havrais n’a pas réussi pendant 75 minutes à trouver la clé pour rétablir un équilibre perdu. Les pistons (Ouziad et Koffi), seuls face à deux adversaires chacun, ont pris l’eau. Le milieu de terrain n’a pas réussi à se relever alors qu’il avait déjà vécu un match très compliqué face à Auxerre.

Devant, le coach s’est parfois entêté avec une combinaison Maja-Samatta, peu convaincante et assez similaire en termes de profil. Mais comme tout le monde au club, Didier Digard doit faire avec les moyens (financiers et humains) qu’on lui donne. Les innombrables mouvements estivaux n’ont pas facilité la tâche de l’entraîneur ciel & marine qui a prolongé avec le club doyen. L’ancien milieu de terrain a déjà prouvé qu’il savait relever un groupe qui paraissait au fond du trou il y a deux saisons. Et objectivement, les motifs d’espoir sont bien plus nombreux aujourd’hui. Il reste 26 journées à disputer et la qualité de jeu est infiniment supérieure à celle qui était proposée lors du début de saison 2024-2025.

Reste à savoir si Didier Digard saura s’adapter à ses nouveaux joueurs mais aussi à son nouveau staff, imposé, pour certains membres, par le propriétaire Blue Crow lui-même. Le coach n’a d’ailleurs pas caché publiquement certaines sources de tension sur la méthode de travail avec certains de ces membres du staff. Didier Digard arrivera-t-il à poursuivre sa mission au sein du HAC ou devra-t-il céder sa place ? Il est encore beaucoup trop tôt pour y répondre. On en saura bien plus après les mois de novembre et décembre. Deux mois durant lesquels le HAC affrontera Lorient, Troyes, Strasbourg, Lens et Le Mans. Trois voire quatre confrontations directes en 5 rencontres. Cette fois, il ne faudra pas se rater.

Des cadres défaillants !

Si le coach n’arrive pas à inverser la tendance malgré des qualités évidentes, c’est que les cadres de l’effectif ne répondent pas forcément présents. On pense évidemment au capitaine Rassoul Ndiaye et au vice-capitaine Amir Richardson. Le Sénégalais, parfois utilisé dans un poste d’excentré droit qui ne lui convient pas forcément, ne retrouve pas son niveau de l’an dernier. Le brassard est-il trop lourd à porter pour lui ? On peut se poser la question.

De son côté, Amir Richardson est censé être le leader technique de cette équipe. Prêté par la Fiorentina, le joueur formé à la Cavée a prouvé qu’il avait des qualités balle au pied. Mais son rendement pose question. Trop souvent, le grand milieu de terrain ralentit le jeu avec plusieurs touches de balle. Des pertes de balle très dangereuses, comme à Lyon, viennent aussi ternir son bilan.

Quant à Mwanga, il suit une trajectoire totalement inverse à ses coéquipiers. Arrivé pour 1,5M cet été, l’ancien Strasbourgeois a eu du mal à digérer son transfert. Après un début de saison compliqué, exception faite de sa prestation à Lyon, Junior Mwanga a su se relever dernièrement. Homme du match côté havrais face à Auxerre, Mwanga est loin d’être le premier responsable défensif de la défaite à Marseille hier. Espérons que ce sursaut lui redonne confiance afin qu’il retrouve définitivement son niveau entrevu il y a deux saisons dans la Porte Océane. D’autant que sa polyvalence permet de combler les lacunes évoquées à certains postes. Il pourra aussi compter sur un Simon Ebonog qui continue sur sa lancée après une saison réussie l’an dernier.

Le HAC manque certainement d’expérience…

Mais si Simon Ebonog a su éclore l’an dernier, c’est aussi qu’il était entouré de joueurs d’expérience. Pour beaucoup, ces joueurs ont malheureusement quitté le club. 16 départs cet été. Et parmi eux, des cadres qui étaient présents depuis la remontée en Ligue 1. Abdoulaye Touré, héros de la saison 2024-2025, n’a pas pu rempiler après une grave blessure l’an dernier.

Mais les autres cadres ont tous quitté le HAC pour un autre projet, pour beaucoup en fin de contrat. On peut évidemment penser à la charnière Sanganté-Lloris. Les deux défenseurs avaient permis au HAC de monter dans l’élite avant de participer aux trois maintiens consécutifs. Les départs du capitaine ciel & marine et de l’ancien auxerrois ont laissé un vide de leadership dans le vestiaire. Et ce, même s’ils ont été remplacés sportivement par Seko et Touba…

Ce n’est pas forcément le cas de Yanis Zouaoui et Issa Soumaré. Deux joueurs certes décriés par une partie du public mais qui apportaient des garanties. Meilleur buteur et meilleur passeur du HAC l’an dernier, Soumaré permettait de dynamiser l’attaque ciel & marine. Quant à Zouaoui, il n’a pas été remplacé ni à son poste ni dans son rôle de tireur de coups de pied arrêtés. Certainement l’un des points faibles les plus évidents cette saison.

Résultat : l’effectif havrais semble manquer d’expérience du haut niveau. De nombreux joueurs n’avaient pas connu la Ligue 1 jusque-là. Et le staff a dû faire appel à de nombreux jeunes avec des fortunes diverses : Ouziad, Ndiaye, Koffi, Mosengo, Bouneb ou encore Dongopandji. Il ne serait pas étonnant de voir le HAC se renforcer cet hiver afin d’encadrer davantage ces jeunes.

Le responsable de la situation du HAC n’est donc pas unique. Les responsabilités sont partagées et les problèmes assez divers. En attendant le mercato hivernal qui pourrait changer la donne, le club doyen devra corriger les problèmes pour arriver à la trêve sans être décroché…

Crédit photo : Simon Libessart / Doyens, Le Média