Fraîchement nommé coach du HAC Handball pour remplacer Tom Garnier, Mathieu Lanfranchi s’est confié pour Doyens. Interview.
Comment s’est passée votre arrivée suite au départ inattendu du coach Tom Garnier ?
Alors, j’ai la chance que ça se soit très bien passé. J’ai été très bien accueilli par les joueuses, le staff et la direction. Je suis arrivé dans un groupe qui tournait déjà bien donc forcément ça m’a facilité la vie.
Comment appréhende-t-on ce contexte particulier d’arriver en pleine reprise avec une équipe que l’on ne connaît pas forcément très bien ?
Avant même de vouloir faire vite, il faut justement faire bien. Il a fallu que je prenne un peu de temps pour observer le fonctionnement des filles pour ne pas tout chambouler et perdre tout le monde. Il fallait que je puisse voir ce qui fonctionnait bien pour m’appuyer dessus et apporter d’autres choses avec le regard extérieur que je pouvais avoir à ce moment-là.
Vous êtes arrivé au club il y a maintenant une dizaine de jours, comment décririez-vous le climat du club et votre nouveau groupe ?
J’ai récupéré un groupe sain, travailleur et ambitieux qui veut se donner les moyens de remonter en LBE. Maintenant, les résultats dépendront de ce que nous continuerons à faire.
Ces deux dernières saisons, le HAC a connu l’ascenseur entre la D1 et la D2, quel sera l’objectif pour cette saison ?
L’objectif visé est de remonter mais il ne faut pas voir un objectif uniquement annuel, il faut être capable de bâtir un environnement capable de monter. Et ensuite si l’on y arrive, être capable de se maintenir en LBE. On ne se prépare pas pour jouer un championnat de D2, on se prépare dans l’optique par la suite d’être capable de se battre en D1.
Peut-on dire qu’il y a une quête de résultat immédiat ou plutôt une quête d’installer un projet dans la durée, sur le long terme ?
C’est tout le paradoxe de la situation, évidemment l’objectif à moyen et à long terme est de se maintenir en première division. Mais pour avoir cet objectif-là, il faut d’abord se concentrer sur le fait de se donner les moyens de monter. Donc oui, il y a une exigence de résultats car dans ce championnat, chaque ballon, chaque point va compter. Mais cela va être le cas de toutes les équipes qui voudront monter.
Est-ce que depuis votre arrivée vous avez pu justement identifier des choses qui fonctionnaient mal auparavant ?
Donner une réponse là-dessus serait malhonnête pour la simple raison que l’équipe a changé depuis l’année dernière. Les exigences ne sont pas les mêmes non plus entre la D1 et la D2. Donc mon objectif n’était pas d’identifier ce qui ne fonctionnait pas mais justement les choses qui fonctionnaient et qui avaient permis d’accéder à la LBE par exemple.
Le club a conservé de nombreuses cadres et recruté des joueuses talentueuses avec une connaissance du haut niveau, êtes-vous satisfait de ce mercato ?
Oui, une chose est sûre c’est que ce sont des joueuses qui vont devoir nous apporter leur connaissance du haut niveau et contribuer à la mise en place de l’exigence que l’on se doit d’avoir pour préparer un championnat aussi dur que celui dans lequel on va évoluer.
Pour que nos lecteurs apprennent à vous connaître, pouvez-vous nous parler en quelques lignes de votre parcours d’entraîneur ?
Alors j’ai arrêté de jouer en 2018. Je suis d’abord devenu entraîneur du centre de formation du Cesson-Rennes Handball où j’ai d’ailleurs effectué 6 mois en tant que joueur puisqu’un besoin s’était fait sentir à ce moment-là.
Ensuite, je suis devenu entraîneur adjoint à Frontignan en N1 masculine. Par la suite, j’ai eu l’opportunité de devenir entraîneur adjoint des Neptunes de Nantes où nous avons gagné la Coupe d’Europe.
Puis j’ai ensuite été entraîneur principal à Chambray où nous avons joué en European League pendant 3 ans.
Et enfin, avant d’arriver au Havre, j’ai fait un an à Dunkerque en tant qu’entraîneur adjoint.
Vous parliez de votre expérience au centre de formation de Cesson-Rennes, est-ce que cette expérience fait que vous accordez une considération particulière à la formation et à l’intégration de jeunes joueuses au groupe ?
Au regard du contexte économique du handball féminin français, se passer de la formation serait se tirer une balle dans le pied quand on connaît la qualité de la formation française.
Il faut aussi reconnaître que je suis assez sensible à ça puisque je suis aussi passé par là. Voir des jeunes s’intégrer à un projet professionnel et construire leur carrière professionnelle, c’est toujours quelque chose de plaisant ! Bien sûr que je serai attentif à cet axe de développement, d’autant plus avec la réouverture du centre de formation.
Vous avez également connu une carrière fournie au haut niveau en tant que joueur. Qu’est-ce que cette vie antérieure apporte à votre manière d’entraîner ?
C’est à la fois un atout et aussi quelque chose auquel il faut faire très attention pour ne pas rester dans le passé sachant que le handball évolue.
Ce que ça peut apporter, c’est une connaissance de l’exigence à apporter à ce niveau et c’est aussi un partage d’expérience.
Mais le fait d’avoir connu une carrière de haut niveau n’est pas obligatoire pour devenir entraîneur. Emmanuel Mayonnade (entraîneur de Metz, champion d’Europe en titre) en est le parfait exemple.
Moi, ça m’apporte la possibilité de vivre ma passion, de la transmettre et de transmettre mon esprit de compétitivité qui m’anime chaque jour.
Pour finir, qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter pour cette saison ?
De réussir à construire cet environnement propice à la performance, de faire évoluer le club dans sa structure pour permettre de faire exister et perdurer le HAC au plus haut niveau dans les années à venir. On peut nous souhaiter de vivre une belle saison avec beaucoup d’émotions et de victoires.
Crédit photo : Matis Millet





