Alors que le STB démarre une nouvelle saison en Elite 2 après 8 ans en Nationale 1, Doyens vous propose une semaine spéciale STB avant la reprise vendredi soir aux Docks Océane face au SCABB. Pour cette première, nous avons eu le plaisir d‘interroger Rudy Sévi, président du club qui a répondu à toutes nos questions.

La saison redémarre, cette fois en Elite 2 après cette belle montée de l’an dernier. Est-ce que l’objectif sera de surfer sur la dynamique de la montée avec les beaux moments que vous avez vécus ?

Oui, forcément. Il est important de profiter des dynamiques positives. Quand on monte, on espère que la dynamique se poursuivra. D’abord grâce aux joueurs qui sont restés, qui peuvent la communiquer aux arrivants. On espère que cet élan du groupe, du public et des partenaires puisse donner une force supplémentaire aux joueurs pour chercher des matches un peu plus compliqués.

Une montée s’accompagne souvent de changements sportifs mais aussi en interne pour faire face aux exigences du nouveau championnat. Quels ont été les principaux changements cet été ?

Oui, il y a des changements indispensables pour respecter les engagements de l’inscription en Elite 2. Ne serait-ce que sur le coût… Il y a des nouveautés sur l’arbitrage, la diffusion avec la keymotion, etc. Tout cela coûte beaucoup plus cher ! Il fallait s’adapter à ça. En huit ans, on avait oublié tous ces règlements.

Mais en termes de staff, il n’y a pas eu beaucoup de changements car on avait déjà des équipes dignes d’une équipe d’Elite 2 avec des commerciaux salariés, un salarié à la communication, un autre à l’administration, un general manager, un directeur sportif. Dans les coulisses, il n’y avait pas besoin de beaucoup d’adaptation ! Il a fallu simplement s’adapter au règlement sur la nationalité des joueurs (limite de 4 en Elite 2, contre 2 en Nationale 1).

On se prépare à la montée depuis de nombreuses années !

En termes de moyens, le club était préparé à cette montée ? 

Oui, on s’y prépare depuis de nombreuses années. La soirée des partenaires le prouve ! Ils sont très nombreux ! Les collectivités nous soutiennent énormément. Elles travaillent toujours sur le projet d’agrandir le VIP aux Docks avec de meilleures prestations. On continue de travailler d’arrache-pied pour passer du ventre mou des budgets d’Elite 2 à un très gros budget pour le championnat. J’espère que ça se fera d’ici deux-trois ans.

Il y a eu des efforts mais la masse salariale n’a pas explosé !

Vous aviez évoqué une légère augmentation de la masse salariale. Est-ce que ça a facilité le recrutement ?

Oui, ça a été le cas. Je ne sais pas vraiment si ça facilite le recrutement… En Nationale 1, on avait besoin de payer très cher certains joueurs pour les faire descendre à ce niveau ! En Elite 2, c’est un peu moins le cas. A l’époque de la Pro A, c’était l’inverse. On avait des joueurs pour des sommes ridicules. C’était tout simplement parce que c’était la Pro A et que ça leur permettait de se montrer et de se relancer.

Aujourd’hui, on a les joueurs sous contrat qui sont restés. On a prolongé Ajare (Sanni) avec un effort financier par rapport à l’an dernier, forcément ! C’est une certitude. Et puis, il y a le poste 5 étranger qui est un poste très compliqué. Il faut y mettre beaucoup plus d’argent qu’un pivot de Nationale 1. Donc il y a eu des efforts mais la masse salariale n’a pas explosé ! Là, on est davantage allé chercher des joueurs à l’extérieur. Si on veut, sur les prochaines saisons, passer un cap avec notamment des étrangers déjà passés par l’Elite 2 ou des joueurs avec plus d’expérience, il faudra aussi passer un cap financier. Mais je n’ai aucun doute qu’on puisse y arriver.

Lauriane a vraiment eu l’équipe qu’elle voulait !

Comment s’est passé ce recrutement justement ? Est-ce qu’il était conforme à ce que vous vous attendiez ou a-t-il fallu faire preuve d’imagination ?

Non, il y a des équipes qui s’en sortent avec des masses salariales très basses. Sans citer d’exemple, il y en a une (NDLR : Evreux) qui est bien en-dessous des autres dans ce domaine et qui a réussi à faire une superbe équipe avec des joueurs de talent mais avec seulement 8 joueurs. Nous, on est restés dans la politique d’être à 10 joueurs.

Le souhait de Jean-Manuel Sousa et Lauriane Dolt est de ne pas avoir de gros écarts de salaire entre les joueurs. Lauriane ne veut pas un joueur à 40/50k et un autre à 150k… La volonté, c’est d’avoir un vestiaire sans gros écart. Donc non, il n’y a pas eu vraiment d’imagination. On s’était fixés une masse salariale très correcte. On va dire de la 10e à la 12e place d’Elite 2. Avec ces moyens, on a largement de quoi travailler. Lauriane a vraiment eu l’équipe qu’elle voulait. Maintenant, si on peut tripler la masse salariale dans les années à venir, on ne s’en privera pas. Et Lauriane en sera la première satisfaite ! Mais il faut savoir ne pas aller plus vite que la musique pour ne pas prendre de risque de se retrouver dans une situation très compliquée.

Une montée, c’est aussi de nouvelles habitudes pour le public. On sait que les matchs ne seront plus retransmis par le club mais par la plateforme LNB TV. Cela représente-t-il des contraintes pour le STB ?

La seule contrainte, c’est qu’avant, on avait un salarié, Yvon Bussy, et un bénévole, Yann Fondimare qui filmaient à l’IPad et qui commentaient. Maintenant, ce sera avec la keymotion. C’est une caméra qui bouge automatiquement en suivant les mouvements. On aura juste à commenter le match. Même si BFM Normandie rediffuse, il y aura quoiqu’il arrive la LNB TV qui aura besoin d’un commentateur. C’est une obligation ! En revanche, les matches seront retransmis avec une meilleure qualité ! Même sans droits TV (ce qui sera le cas étant donné que la diffusion est gratuite), que notre sport soit diffusé nous aidera de manière indirecte, notamment en montrant aux gens l’ambiance de la salle.

Y a-t-il d’autres contraintes réglementaires de la part de la LNB ?

Oui, les équipes du club s’en sont occupées. Il y a des questions de couleur, de publicité, que ce soit sur le maillot ou sur le parquet. Il y a pas mal d’encarts publicitaires qui sont réservés à la LNB. Il faut faire avec ce cahier des charges, on s’adapte ! Il faut être créatif mais je n’ai aucune inquiétude là-dessus avec les équipes que l’on a !

Au bout de trois minutes de conversation, Lauriane Dolt a accepté de rester à condition qu’Anthony Van Heel, Jean-Manuel Sousa et moi restions à nos postes.

Avant même la montée, Lauriane Dolt avait été prolongée. Cet été, il n’y a eu qu’un changement dans le staff (le départ d’Alexis Banc, adjoint, remplacé par Alex Haquet), était-ce une volonté de miser sur la continuité ?

Je suis de nature quelqu’un d’assez stable et fidèle. Fin d’année 2025, on a pris la décision de continuer avec Lauriane Dolt lors d’une discussion avec Jean-Manuel Sousa. On était contents du travail qu’elle effectue avec le visage de l’équipe sur le terrain. On était contents de sa manière de s’impliquer dans le club et de l’image qu’elle renvoie aux élus, partenaires et bénévoles. Pourquoi ne pas continuer ? On s’est rencontrés tous les trois pour décider de poursuivre l’aventure. Le but était de savoir si elle souhaitait continuer car il n’y a rien de pire qu’un amour qui n’est pas réciproque… Et au bout de trois minutes de conversation, elle a accepté de rester à condition qu’Anthony Van Heel, Jean-Manuel Sousa et moi restions à nos postes.

Concernant le changement d’adjoint, qui a pris la décision ?

Le départ d’Alexis Banc était une décision de Lauriane Dolt. Lauriane souhaitait avoir une évolution de son staff. Alex Haquet donnait déjà satisfaction car il faisait déjà de nombreux matches. Il a fait des déplacements avec l’équipe première l’an dernier en parallèle des Espoirs. Il était aussi là à de très nombreux matches aux Docks. C’est un choix de la patronne !

Le club continue d’attirer énormément de partenaires privés. Est-ce que la montée en Elite 2 va permettre de signer de nouveaux partenariats encore plus intéressants ou le club atteint-il sa limite maximale ?

Il n’y a jamais de maximum. Depuis cinq-six ans, il y a un gros travail effectué au club pour récupérer des partenaires. L’été dernier, on avait signé 40 nouvelles entreprises partenaires grâce au travail incroyable de l’équipe commerciale et de la direction. Cet été, évidemment, c’était moins ! Il y a environ 15 nouveaux partenaires cette saison, c’est déjà très bien !

On a aussi beaucoup de partenaires qui ont augmenté leur participation malgré le contexte économique très compliqué pour les entreprises. Maintenant, on a un VIP totalement plein. La mairie va faire en sorte de pouvoir nous l’agrandir l’an prochain. Même nos soirées partenaires ne peuvent pas se tenir n’importe où… C’est des adaptations à faire ! On n’est jamais trop mais on va essayer d’aller chercher des partenaires majeurs qui puissent vraiment changer nos finances.

On est toujours en discussion pour le naming. On espère que ça se fera durant la saison !

Le projet de naming du club est-il toujours d’actualité ?

Oui, on est toujours dessus. On a actuellement trois dossiers. Ce sont trois groupes à dimension internationale. C’est assez long ! On est toujours en discussion et on espère que ça se fera durant la saison.

Quels sont les axes d’amélioration structurelle du club ?

Il y a déjà beaucoup de choses qui ont été faites. Le nombre de partenaires est passé de 20 à 250. Les ambassadeurs sont arrivés et représentent maintenant une très grosse part du budget du STB.

Certaines choses doivent être encore réalisées sur la billetterie, les abonnements, les partenaires, le merchandising, etc. On essaiera toujours d’optimiser tous les axes financiers. Il y a 15 chefs d’entreprise au conseil de surveillance, 6 autres au directoire. En tout, ce sont 21 chefs d’entreprise qui donnent, de manière bénévole, de leur temps et leur savoir-faire au STB. Il n’y a aucune raison que ça ne continue pas à se développer.

Concernant la section féminine, est-ce que le STB va s’investir davantage ou laisser Aplemont reprendre la main ?

Pour être tout à fait franc, il y a eu un trou d’air avec la section féminine. Ce n’est la faute ni de la section féminine ni de la section masculine. Il y a eu un projet qui s’est monté il y a quatre ans avec Alain Darmagnac, président, Romuald Galmard, general manager et Laurent Chamu, coach. Aujourd’hui, Alain a laissé sa place à Romuald, Laurent est parti sur un nouveau projet.

Il y avait besoin qu’on se fasse un point en début de saison avec les nouvelles forces vives de la section féminine. On s’est mis d’accord pour optimiser les moyens et les coûts, pas pour relancer le projet car il était toujours actif, mais pour qu’on puisse améliorer la méthode de travail. On se verra d’ailleurs le 9 octobre avant le match aux Docks avec les personnes fortes des deux sections pour trouver une synergie de travail simple, efficace et rapide. L’objectif est d’aider la section féminine à se développer financièrement avec des partenariats et qu’elle nous aide sur le projet sociétal et de citoyenneté à nous développer.

Je ne me retiens en rien de rêver !

Pour revenir à la section masculine, on ne parle que de maintien ou on ne s’interdit pas de rêver à voir plus haut, milieu de tableau voire play-in ?

Après vérification, le maintien en Elite se joue historiquement à 12 victoires. On va avoir des ambitions par étapes. La première sera d’atteindre 13 victoires, c’est-à-dire un peu plus que le maintien. Si on arrive à cet objectif, je ne me retiens en rien de rêver. Quand on est arrivés il y a 8 ans, j’ai dit directement que mon objectif serait de retrouver la Pro A. Forcément, après deux-trois échecs, tout le monde se moquait de nous. Je ne me refuse rien. On verra bien ce qui se passe mais structurellement, on ne mettra pas le club en péril pour aller jouer les play-off mais si on peut les jouer, je ne demanderai pas au staff de laisser tomber, bien au contraire !

Et l’objectif à long terme est de retrouver la Betclic Elite ?

Oui, on est d’accord, c’est toujours l’objectif !

Si un jour, on n’a plus l’ambition de voir plus haut, je céderais la main.

Vous vous fixez un laps de temps pour atteindre cet objectif ?

J’ai mis 8 ans à atteindre le premier objectif… Je ne vais pas donner de laps de temps maintenant. Mais tant qu’on gardera le club dans une bonne situation financière et qu’on aura des gens qui veulent bien s’occuper de lui, bénévoles, salariés ou chefs d’entreprise, on aura toujours de l’ambition. On voudra toujours monter en Betclic Elite. Dans combien de temps ? Je n’en sais rien.

Il nous faudra aussi des garanties des collectivités et des élus pour faire face au cahier des charges toujours plus important en Betclic Elite. Là, on ne pourra pas faire sans les collectivités. Si je continue à bosser à titre personnel pour le club, c’est parce qu’on a de l’ambition et qu’on veut voir plus haut ! Si un jour, on n’a plus l’ambition de voir plus haut, je céderais la main.

Si le STB suit l’exemple de La Rochelle il y a trois ans et enchaîne deux montées, ce serait un problème ?

Un problème, non. Secrètement, il se pourrait que j’en rêve la nuit ! Mais en Elite 2, il y a de très grosses équipes. Orléans, Blois, Denain et j’en passe… Ils ont de très gros budgets donc on ne va pas non plus rêver.

Mais si demain, nous venions à monter comme l’a fait La Rochelle, nous serions clairement le Petit Poucet de Betclic Elite. Mais on ne se refuserait pas, grâce à ça, d’aller chercher de nouveaux partenaires et de demander aux partenaires actuels et aux collectivités un petit coup de pouce. On verra bien ce qu’on pourra faire dans ce cas. Mais on fera toujours les efforts pour assumer ce qu’il se passe sur le terrain, quoiqu’il arrive.

Ça va nous faire de belles fêtes aux Docks Océane !

Il y a une énorme densité de clubs normands en Elite 2. Est-ce que vous voyez ça comme quelque chose d’excitant ou plutôt une concurrence territoriale ?

C’est très excitant. Hormis un club (NDLR : Caen) où les relations sont un peu compliquées, on a de très bons rapports avec eux avec les deux autres clubs (Evreux et Rouen). Jouer contre des clubs amis, c’est très sympa !

Ça va aussi nous faire de belles fêtes aux Docks Océane. Ce sera aussi de très belles recettes en billetterie. Je suis très satisfait de la situation. En espérant que le public et les partenaires puissent se régaler !

Y aura-t-il des déplacements organisés par le club prévus pour voir ces derbys à l’extérieur ?

Alors, pour le match de Rouen, il y aura certainement un changement de date (le match était prévu le dimanche 27/12 dans l’après-midi). Le Président m’a déjà contacté. On va essayer de trouver une autre date qui arrange les deux clubs. Ainsi, ils pourront récupérer une belle billetterie et on pourra, de notre côté, organiser un beau déplacement avec des supporters et nos partenaires. C’est évidemment l’objectif !

Crédit photo : Damien Patard